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Adrien raconte son premier cours de surf en Australie

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"Tu verras Adrien, à l’étranger, tout est démultiplié. Les rapports avec les gens, c’est fort, c’est intense… On rencontre des gens génials !"
Oui, mon ami avait dit "génials"… N’avait-il rencontré qu’une seule personne ?



 

Trois mois après notre arrivée, je ne connaissais pas grand monde mais j’étais à l’affût de la moindre amitié.

 



Il m’arrivait de parler à des gens dans le bus ; de sourire à un commerçant ; de tenir la porte à une vieille dame ; de caresser un chien, en arborant un sourire niais.

 

 

Il m’arrivait même de parler à un commerçant, de tenir la porte à un chien, de sourire à des gens dans le bus et de caresser une vieille dame, en arborant un sourire niais.

 Rien n’y faisait ! Pas d’ami…



 

Puis il y a eu Claudio.


On avait parlé ensemble durant la fête des voisins que j’avais joyeusement organisée. Un petit barbecue pour se connaitre. J’avais vu débarquer les voisins un à un. Un fiasco. Je me souviens de cet air dans la tête qui ne me quittait pas. La fameuse chanson de Maxime Le Forestier : « On choisit pas sa famille, on choisit pas ses voisins… » Un truc comme ça.



 

Il était sympatico Claudio. Il était venu ici pour vivre la grande vie. Surfer, se tatouer et tout et tout… Il m’a proposé d’aller surfer ce que j’ai bien sûr accepté.



 

Le lendemain, Claudio vient frapper à la porte. Moulé dans sa combi, je ne l’ai pas tout de suite reconnu. Je l’ai d’abord pris pour un échappé de Fort Boyard. Fort Boyard, première émission gay friendly, à habiller tous les candidats de tenues satinées hyper-moulantes.



 

Il a une deuxième combi à me prêter. Comme c’est charmant ! Commence un long combat entre la combi et moi. Mettre une combinaison pour la première fois, c’est un peu comme enfiler un préservatif, mais des pieds à la tête… La combi me va comme un gant, une fois le zip remonté, je ne peux plus respirer. Paraît que c’est normal.



 

On se dirige vers cette plage que je n’arrive jamais à prononcer Tamarama (peut-être rama en plus, je ne sais pas). J’ai tout essayé pour m’en souvenir. Penser à du tarama. Penser à une fille qui s’appelle Tamara. Mais chaque fois, je me mélange les pinceaux et ça finit en Tamaramama.



 

Bref, nous voilà sur cette fameuse plage. On voit au loin des nids de surfeurs et des vagues et des vagues et des vagues. Des vagues mais d’une force ! Je commence à rire un peu jaune, de peur.



 

On pose les deux planches sur le sable, c’est plus prudent pour commencer. 
Coach Claudio m’explique. "Tu nages le crawl sur la planche, tu te retournes, tu prends la vague qui te pousse, tu ondules ton corps, gainage, petit saut de cabris sur la planche puis après tu prends la wave, et surtout, tu ne penses à rien."



 

Ça semble facile ! On s’étire… Assis en tailleur il me dit :
« Tu sens la vague ?


-Non coach.


-Il faut ressentir la vague…


-D’accord coach.»



 

Après quelques minutes de stretching philosophico-méditatif, on part en courant, planche sous le bras.
Vaillants comme Kirikou, on nage droit sur la première vague. Vladadam ! Emporté littéralement, je tourne dans l’eau cramponné à ma planche que je ne veux pas lâcher. Je suis une torpille sous-marine. Un, deux, trois, quatre tours dans l’eau.

 



Impact : la tête dans le sable, je vois des étoiles, de mer.



 

Je sors. Claudio me rejoint, il a l’air d’un petit sablé lui aussi. On regagne le rivage en rigolant pour ne pas pleurer. Les vagues sont décidément trop fortes. Demain on ira à Bondi dès le matin.

 Bondi est une plage plus propice à la starisation du surfeur. J’en veux pour preuve les nombreuses starlettes-maillots-paillettes qui s’y prélassent à longueur de journées. Telles des Cendrillon de plage, elles sont starlettes jusqu’à ce que la cloche de l’école retentisse. Oui, en fait, elles sont nannies !



 

Claudio est heureux d’être sous les feux des projecteurs solaires ce matin. Bondi est busy, on est au moins douze. Les spectatrices sont au rendez-vous. Il porte une combinaison couleur crème. Il a des coups de soleil sur le visage. Une vraie crème brulée. J’ai refusé la combi cette fois-ci. Trop d’efforts pour si peu de plaisir.

 



Aujourd’hui, il va falloir briller, slider, grinder, devant toutes ces groupies-nannies.



 

Même rituel sur le sable : simulation de surf, étirements, propos métaphysico-hippies proférés par coach Claudio sur l’ondulation infinie de la mer.



 

L’océan est plus calme. Moi aussi. J’y vais en marchant. Je récite à voix haute le poème de Baudelaire : Homme libre, toujours tu chériras la mer ! La mer est ton miroir ; tu contemples ton âme DANS LE DÉROULEMENT INFINI DE SA LAME !!!



 

Torpille, roulade arrière, double salto, atterrissage forcé sur le menton planté dans le sable.

 

Impact : deux litres d’eau de mer dans les poumons. Merci Baudelaire !



 

J’y retourne. Celle-ci est belle, rotation 180°, la vague éclate dans mon dos, la planche fuse vers le rivage, c’est le moment de se lever… oui ! ça y est je suis debout, je suis le roi du monde !!! Magique ! Je surfe…

Petit regard en groin du côté des groupies.



 

Impact : aucun !

 

Chronique 9 : COACH SURFING – JET LAG - Adrien Oualé

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